Le Dieu chagrin
Un autre extrait du même receuil ....
Ou Priape écarté, le Dieu vulgaire Peut vider son chagrin en des jurons mortuaires.
Les senteurs de l’automne frappent à sa porte Plus présentés à l’esprit que de tristes cohortes Des soldats romains abattus par l’ennemi
Qui découvrent en la mort un instant de répit.
Les années ont fleuri au rythme des saisons, Les lacs se sont gelés, les bourgeons ont poussé Et les larmes séchées par le temps oubliées Prennent un dernier souffle, enfin désabusées.
Le Dieu vilain aux hommes abandonné Contemple d’un regard sa douce éternité En rêvant d’une clameur qui, enfin soulevée, D’une pénombre froide, pourrait le délivrer.