A voile et à vapeur

Publié le par stetien

J’adore la voile.

 

J’ai toujours aimé cela… Si si, vraiment. « Sans dec », comme disent les jeuns…. Vomir sur un bateau par gros temps en me rendant compte que mon super polo n’est pas du tout en kevlar protecteur, j’adore. Et bien sûr, avec le sourire et le V de la victoire.

 

Jamais compris d’ailleurs ce qui peut pousser une personne placée en situation de ridicule total aggravé par une honte indélébile (pour les amateurs de Slam, y a un truc à faire là…) à sourire et placer judicieusement deux doigts de sa pauvre main en forme de V… C’est pour dire quoi ? « Tout va bien » ? « Z’êtes bien marrés ? », « Même pas mal ! » ? … Pas très certain. Mas une chose est certaine, c’est que cette attitude nous rapproche d’une philosophe très orientaliste, voir japonisante, consistant à dédramatiser le pire par le sourire.

 

Je le disais, très japonisant !

 

Pas du tout syrionisant ou occidentalisant. Non. Nous, nous sommes plutôt dans un colin maillard perpétuel. Quel nom quand on y pense. Un poisson marié à un format de pull-over… Sacré coït. Bref, je m’égare.

 

Donc, écrivais-je, pensais-je même, à l’heure où la crise sert d’alibi parfait pour se débarrasser de quelques cols blancs et, tout en réduisant les strates, donc les coûts fixe, sans diminuer les prix, se préparer à sortir plus riche qu’avant, se pose la question de la voile et de la vapeur !

 

Nonnnnnnnnnn, c’est-y pas vrai ? Vous ne vous en étiez pas rendu compte ? Sérieux ? Vous pensiez que la crise avait vraiment ébranlés durablement le monde terrifiant de l’entreprise ??? séreux ????

 

Ohlala, je kiffe (pour rester en lien avec les jeunes) !!!! Z’êtes mignons ... Trop naïfs vous alors... J

 

Bah en fait, sachez bien qu’un entrepreneur de dort jamais et prépare toujours le monde de demain (ce qui est bien !), en oubliant parfois de prendre en compte le monde d’aujourd’hui (ce qui est mal), .. Et cela ne fait pas une moyenne.

 

Bref, re-garé. (Un slam ? Un Scrabble ? Non ????)

 

Revenons à mon char …. à voile.

 

Je me demandais donc comment on pouvait si aisément allier la capacité d’être à voile et à vapeur, même si cette expression n’a de belle ni l’image ni le sens, et donc, pour être un peu plus clair et pragmatique, manier la morale au point de la porter à ses sommets tout en la piétinant avec une certaine allégresse.

 

Oui, me direz-vous (et vous aurez raison), suffit-il d’être politicien.

 

Hum, facile à dire mon bon monsieur, pas à faire !!!! Pas donné à tout le monde. Vendu à certains, sans doute, acheté sans le moindre, doute, mais donné, non, aucune chance. C’est ce qui doit expliquer l’incapacité de cette catégorie humaine à se régénérer.

 

Donc, cette consanguinité si bien entretenue permet, par exemple, de promettre une intervention dans un pays étranger au nom sacré des droits de l’Homme (On a le brevet, déposé, officialisé…. Que nous… Nah…), et puis, au bout du compte, se dire qu’il est urgent d’attendre. Que ce n’est pas le bon moment. Qu’il faut y réfléchir. Et préparer la suite.Avant.

 

Avant. Oui avant. Très bonne idée. Très très bonne idée qu’il aurait été intelligent de mettre elle aussi en pratique avant.

Construire avant de parler. Réfléchir avant d’agir. Penser avant dé décider. Ou même pire, choisir. Mais bon, ne soyons pas gourmand.

 

Mais sans aller si loin, n’avons-nous pas l’impression que cette belle morale, ces beaux discours, cette belle volonté, serait plus utile en sa propre demeure ?

 

Parce qu’au bout du compte, la différence entre le « théâtre extérieur », les beaux préceptes des siècles des lumières qui peuvent les guider et « la situation de politique intérieure » ne se fait qu’au niveau du discours. Dans un cas, le discours est tourné vers le vent, et dans l’autre cas, nous sommes plutôt enfumés (chacun pourra apprécier les références nautiques et ferroviaires).

 

 

Mais rassurons-nous, oui, vous et moi, et les autres aussi, en ce qui approche de loin, ou même de près, les faits, … Là, … Pas le moindre doute, il n’y a pas de différence. Aucune. Et nous sommes bien les voiles et les vapeurs de os chers, si chers, bien trop chers, politiciens. Enfin, si je peux me permettre.

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