Le Dieu chagrin
Le jour étend sa lame jusqu’aux enfers
D’une nuit esseulée au bout d’un univers
Ou Priape écarté, le Dieu vulgaire
Peut vider son chagrin en des jurons mortuaires.
Les senteurs de l’automne frappent à sa porte
Plus présentés à l’esprit que de tristes cohortes
Des soldats romains abattus par l’ennemi
Qui découvrent en la mort un instant de répit.
Les années ont fleuri au rythme des saisons,
Les lacs se sont gelés, les bourgeons ont poussé
Et les larmes séchées par le temps oubliées
Prennent un dernier souffle, enfin désabusées.
Le Dieu vilain aux hommes abandonné
Contemple d’un regard sa douce éternité
En rêvant d’une clameur qui, enfin soulevée,
D’une pénombre froide, pourrait le délivrer.