Papier jauni
Pouvoir couvrir ton corps de milliers de baisers
Au fond de ma mémoire, tous ces rêves égarés
De l’arbre qui fleurit je garderai l’ombrage,
Couché à mes côtés pour couvrir mes nuits.
J’ai vu l’enfant paraître un matin effrayé,
Etendu sur le sable en écoutant la mer,
Les flots, si forts, si réguliers ;
Dérivant vers de terres nouvelles, un ailleurs lointain.
J’ai voulu échapper au regard de la mort, pressant,
Qui s’est alors posé sur mon humanité, délivrant les blessures,
Par les années vieillies, mais jamais disparues.
J’ai pris alors sa main et nous nous sommes enfuis
Loin de mes illusions ; je n’ai rien emporté
Et mon âme déchirée est restée pour brûler,
Seule, sur du papier.