L"ancre et la voile
J'ai plusieurs maman.... Je sais que cela va en étonner plus d'une, mais c'est vrai. Et plusieurs papa aussi !!!
Si c'est vrai !!!!!!!!!!!!!!!! Dans le sens où plusieurs femmes et hommes ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Bref.
Un jour où Annie – c'est elle – déjeunait avec moi pour me permettre de lui présenter celle que je pensais être ma promise, et où, assez rapidement, je me rendis compte que nos avis (ceux d'Annie et le mien) étaient, disons, à quelques ... 180 degrés, elle m'asséna à fin du repas cette formule magique, deux points, ouvrez les guillemets ... :
« Tu sais Stéphane, dans la vie, on rencontre deux types de personnes : Certaines sont des voiles, poussant les autres, l'autre, vers l'avant, pour le grandir, le faire avancer, plus vite, pour l'épauler et le soutenir dans les tempêtes, pour le porter à bon port et arriver avec lui au trait final d'un long parcours.
D'autres sont des ancres. Elles vous attirent vers le fond, se nourrissent de vos échecs, de vos doutes, de vos défaillances, pour cacher leurs propres souffrances, transférer leurs incompétences et leurs faiblesses aux autres. Un peu comme une Veuve Noire, elles vous enrobent dans leur fil, et doucement, mais sereinement, vous asphyxie un peu plus chaque jour, vous faisant perdre le sens et la raison, et à la fin, votre nature. Et quand vous n'êtes plus rien, lorsque vous êtes totalement vidé de votre substance, elles vous achèvent et vont chercher une autre proie »
Je ne vous dis pas – non, non, n'insistez pas – à laquelle de ces deux images maritimes lui faisait penser celle qui allait devenir mon ex-futur. On s'en fou.
Mais je n'ai jamais oublié ce moment et ces images et bien souvent, chaque fois qu'un rapport humain est engagé, j'ai pu vérifier que, dans le grand caléidoscope des traits humains, cette vérité se faisait souvent jour.
Et alors, me direz-vous ? Et vous aurez raison ...
Alors, hier soir, en regardant en DVD « Social Network » hier, assis tranquillement dans mon canapé – pour ceux qui ont raté le film, il s'agît de l'histoire de Facebook et de son, ses, fondateurs – je faisais une analogie assez basique : Au premier quart du film, l'idée germe en récupérant des photos de demoiselles faisant leurs études à Harvard (puis dans d'autres lieux où l'élite se reproduit si bien comme écrivait Bourdieu (Cf « La noblesse d'Etat » – un peu de culture de temps à autres, un soupçon, c'est appréciable) et organise sur un site internet créé de toutes pièces une sorte de « Match ». Deux photos sur chaque page, et l'on détermine laquelle on préfère et laquelle on élimine, et cela, bien sûr, uniquement grâce (à cause) de critères uniquement physique... Enfin, on dira cela ... Ah la la, la difficile vie des étudiants dans les Campus....
Et du coup, une idée, somme toute idiote, a germée en mon esprit : Et si nous prenions une grande partie, allez, soyons fou, la totalité, des personnages publics, historique, vivants ou morts, pour faire ce même type de match, avec comme simple critère « ancre » ou « voile ».
Qui a fait avancer nos vies, nos histoires, notre genre, et qui l'a fait reculer ?
Oh bien sûr, il y aurait des duel assez simples : Hitler/Churchill, De Vinci/le fils de ma voisine, Zidane/Domenech... Mais je me demande ce qui ce passerait sur des comparaisons un peu plus serrées ? Un 50/50 qui ne déplairait pas à l'ami Jean-Pierre..... Et sur un plan personnel, je suis bien certain que ce choix radical assez cartésien serait aussi un bon élément d'aide à la décision.
Attention, lisez-moi bien, loin de moi l'idée de dire que l'un est meilleur que l'autre (quoique, dans mes exemple suscités, si, quand même...), mais simplement que l'un me convient plus que l'autre. Affaire de jugement personnel, ce qui tombe très bien, puisque je suis malgré tout le principal usager et bénéficiaire de mon jugement personnel.
Et du coup, je me dis que pour les prochaines élections présidentielles, il n'est peut pas la peine de massacrer des milliers d'arbres ou de noircir (ou colorier, selon le budget de chacun) des millions de feuilles de papiers. Peut-être pourrions-nous nous contenter d'une photo de chaque candidat, et d'un crayon pour faire un « match/duel ». Parce que de toutes les manières, au bout du compte, ce ne sont ni les programmes ni les promesses – qui, nous le savons, ne seront pas tenus – qui importe, mais bien leur capacité à gérer mieux que nous ce que nous ignorons encore, l'avenir. Alors après tout, un peu de ressenti et d'émotions dans un choix aussi crucial, ce ne serait peut être pas plus mal...