Le temps suspendu
Cet ennemi mortel chaque jour est passé
Déposant au hasard ses quatre vérités,
Par une nuit glacée, un beau soir d’été,
Abandonné par ceux que je n’ai pu aimer.
Il m’a dévisagé, une seconde, arrêté.
J’aurai voulu lui dire les maux dépenaillés
Qu’il m’emporte avec lui vers son éternité
Partir à tout jamais, ne pas avoir été,
Comme la mer efface, sans relâche
Les pas de sable mouillé des amants séparés.
Vivre une seconde, sur ton visage couché,
Devenir cette goutte, un matin de rosée.
Puis, l’oiseau a repris son vol migratoire
Vers de nouveaux espaces, une autre vérité,
Me laissant, inachevé, à la réalité.
Pourquoi m’as-tu trahi, toi qui m’avais porté,
Sans même me donner de raison d’exister.