Une si jeune Comédie (Française)
Louis le 14ème, en 1680, donne vie à la Comédie Française !
Voilà, tout est dit, point, barre et ricochets…. Rien à ajouter ! Bah non quoi, que voulez-vous que je vous dise en plus ?
Nous, les français, que dis-je, la France, qui ne sommes pas un paradoxe près – pour ceux qui étaient en vacances prolongés à la fin des années 80, celles du millénaire précédent, nous avons quand même fêtés en moins de 2 ans le millénaire Capétien, en gros l’avènement de la royauté, puis, le bicentenaire de la révolution française, en gros le moment où on leur coupe la tête et on leur dit arrivederci, hasta la vista -, nous voici tout (et tous aussi d’ailleurs) émoustillés par la volonté d’un roi, fut-il ensoleillé, ce qui est toujours bon pour le moral car représentant un fort apport en Vitamine D (je parle du soleil hein, pas forcément du Roi en lui-même !!!). Bon, mais là, je sens que je m’égare.
Et en plus, pour couronner (sic !) le tout, savez-vous comment se nomme la grande salle, La Salle de la Comédie Française ? l’honneur de ce théâtre tant désiré par sa majesté ? La salle Richelieu ! Richelieu !!!!
Alors moi je vous le dis, inutile de continuer à me bassiner tout les 2 ans avec une nouvelle version des 3 mousquetaires (qui sont d’ailleurs chaque fois 4, mais bon, il y a des vérités qui bien qu’étant des évidences ont la dent longue….) plus ou moins, comique, plus ou moins sexy, plus ou moins historique, et bla bla bla, destinée à essayer de me faire avaler sans cesse que le cardinal (Richelieu par la présente) et le Roi (Louis XIV himself) passaient leur temps à se tirer la bourre pour je ne sais quelle problématique de géopolitique ou de développement économique qui ferait même marrer les vaches milkas de Davos aujourd’hui ! Pas la peine de vouloir me faire gober que la France vivait une guerre intestine, les bleus contre les rouges (amusant d’ailleurs ce choix des couleurs, finalement, composantes de notre emblème national), les bons contre les méchants (et là, je vous laisse le choix, profitez-en, c’est rare…), pour finalement, au bout du bout de la nuit, me retrouver avec un théâtre portant sorti de terre par la volonté du divin, et dont la salle principale porte le nom de son cardinal préféré, le kikou du youki…. Non, vraiment, on se moque !
Bref, retournons sur notre sens !
La Comédie Française a donc, après travaux, ré-ouverts (je déteste ce mot) ses portes, enfin, celles de la salle Richelieu. Ahhhhh, enfin, du bonheur.
Je vous passe le détail de la programmation (L’Avare, Andromaque, Le Malade Imaginaire, Phèdre, … que du beau monde), on n’en attendait pas moinsssss.
J’arrive donc dans ce lieu mythique et historique, pleins de dorures et de brillant de mille feux, en avance comme il se doit, ce qui n’est pourtant pas mon genre, et je m’installe. Je profite, je respire cet air plusieurs fois centenaires et pourtant encore viable, je touche les fauteuils, je me penche du balcon, j’ouvre les mirettes, je balaye, le scrute, j’observe, et là…. Horreur !!!!
Oui, Horreur vous dis-je ! Avec un grand « H », avec 3 « R », histoire de ne pas en manquer !!! Horreur !!!!
Dans la salle, la grande salle Richelieu, que vois-je ? Allez-vous me croire ? Pouvez-vous l’imaginer ? Et après même que je vous l’eus dis, le croirez vous ? … (Notez ce suspense insoutenable, tout l’art du dramaturge, il fallait bien cela pour un pareil sujet…)… Des … Jeunes !!!
Pleins de jeunes, partout, à tous les étages !!!! Dans les places à 5€,mais aussi dans celles à 29€, dans celles à 39€, dans la corbeille, sur les balcons, tous les balcons, à droite et à gauche !!! des jeunes, pleins de jeunes !!!!
Oh mon Dieu, me dis-je, à la comédie Française ? Moi qui m’attendais à me retrouver dans une ambiance un peu à la octogenerassik park au minimum doublé d’une ambiance top moumoutte et conservateur parafiné, me v’la ty pas avec une foultitudes de jeunes. Et puis alors des jeunes attentifs, curieux, intéressés… J’ai même failli penser à un moment qu’ils connaissaient les pièces qu’ils venaient voir, et parfois même, l’histoire !!! Mais bon, là, faut pas abuser…..
M’enfin quand même, des jeunes comme si il en pleuvait pour venir voir, à la Comédie Française, du théâtre classique, des comédiens professionnels, moi qui il y a encore quelques mois, n’aurai même pas imaginé y mettre les pieds de peur de ne pas pouvoir en ressortir vivant ! Incroyable !!!!
Incroyable ?
Incroyable d’imaginer que la culture puissent intéresser les jeunes, tout autant, sinon plus, que les quadras ou les seniors ? Incroyable de penser que tout est bon dans le classique, … Tout est bon, et tout est intemporel (forcément me direz-vous, quand on écrit les premiers, difficile de réinventer par la suite…). Incroyable d’envisager que même en étant abreuvée, écrabouillée, sous des milliers de signaux confus, de réseaux sociaux, de nouveaux styles qui ne réinventent que trop peu, d’informations venant de toute part, les jeunes n’ont besoin de personne pour s’approprier la culture – et sans doute la morale, l’économie, et la politique – par et pour eux-mêmes ? Bah…. Heureusement que non, pas si incroyable que cela.
Finalement, la révolution, le changement, l’adaptation… L’évolution en toutes circonstances, c’est d’un classique ! Enfin, si je peux me permettre…..